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Appel à contributions pour la revue Marges n°43, Femmes artistes-Femmes créatrices
Appel à contributions / Marges n°43
Femmes artistes-Femmes créatrices
Date limite pour l'envoi des propositions : 5 juillet 2025
Dans un célèbre essai paru en 1971 dans la revue ARTnews, l’historienne de l’art Linda Nochlin posait la question de manière un peu provocatrice : Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ? Pour elle, il ne s’agissait pas simplement de réhabiliter telle ou telle figure ignorée ou oubliée, mais bien de comprendre en quoi, la création artistique avait été aussi peu ouverte aux femmes. L’ensemble du texte visait ainsi à mettre en avant la dimension structurelle du problème et sa traduction au sein des institutions de l’art. Ses travaux fondamentaux sont suivis dix ans plus tard par ceux de Rozsika Parker et Griselda Pollock qui dans leur livre Maîtresses d’autrefois. Femmes, art et idéologie (Pandora Press, 1981), s’attachaient à démontrer que l’écriture de l’histoire de l’art moderne avait ignoré l’existence des femmes artistes pourtant toujours présentes et actives.
Malgré les enjeux contemporains liés au statut de la femme dans la société, les choses ont néanmoins un peu évolué depuis la montée des mouvements féministes des années 1970 ; notamment grâce aux recherches, aux engagements militants et aux artistes elles-mêmes, qui ont revendiqué une plus grande place dans les espaces de représentation et de production des savoirs. En effet, la création des femmes artistes est depuis plusieurs décennies un objet de recherche au cœur des réflexions sur l’art actuel ou passé dans le milieu de l’art et des universités. Pour ne citer que quelques exemples, en 1987, s’ouvre le National Museum of Women in the Arts (Washington), l’un des premiers musées de ce type. Entre 2009 et 2011, le Centre Pompidou (Paris), sur une idée de la conservatrice Camille Morineau, présente l’exposition « elles@centrepompidou », un accrochage entièrement dédié aux femmes artistes de la collection du Musée national d’art moderne. Plus récemment, en 2022, Cecilia Alemani, commissaire générale de la 59e Biennale d'art de Venise, conçoit « The Milk of Dreams ». Cette exposition quasi-exclusivement consacrée aux femmes artistes accorde, d’une part, une place significative à des figures historiques et contemporaines et, d’autre part, provoque une réévaluation des formes de création autrefois marginalisées et associées aux femmes (poterie, tissage, pratiques corporelles…). Ces événements trouvent un écho dans la sphère universitaire : longtemps invisibilisées, très souvent marginalisées, les femmes artistes font de plus en plus l’objet de travaux de chercheuses et de chercheurs dans de nombreux domaines comme l’histoire de l’art, la muséologie, l’histoire, la sociologie, l’architecture, le cinéma ; une réflexion élargie permettant notamment de faire découvrir ou redécouvrir des artistes et créatrices ignorées.
Ce numéro de Marges souhaite faire un état de ces nouvelles recherches en abordant, entre autres sujets, les questions liées à la formation, aux conditions de monstration et de diffusion du travail des femmes artistes et en posant la question suivante : Dans quelle mesure « ce rattrapage » transforme-t-il les pratiques et la recherche dans le milieu de l’art ?
Axes de recherche :
- Le militantisme artistique féministe : des revendications diverses, inscrites dans des contextes historiques et géographiques variés ;
- Expositions significatives : enjeux curatoriaux, rapports avec les institutions, réception critique ;
- Rôle des recherches académiques et de la critique ;
- Rôle des musées : le féminisme est-il entré dans le mainstream institutionnel ? S’est-il affaibli ? Quels rapports existent entre les institutions et les revendications de genre : complicité, collaboration, opposition ?
- Le « pinkwashing » : comment des institutions mettent en avant des artistes femmes pour améliorer leur image.
- L’éthique et le care dans les pratiques artistiques et curatoriales des artistes femmes
- Les artistes femmes et le marché de l’art
Les propositions devront parvenir avant le 5 juillet 2025, sous la forme d’une problématique résumée (5000 signes maximum, espaces compris), adressée par courriel à jerome.glicenstein@univ-paris8.fr
Les textes sélectionnés (en double aveugle) feront l’objet de communications de 30 minutes lors d’une journée d’étude à Paris, à l’Institut national d’histoire de l’art, le 11 octobre 2025. À l’issue de cette rencontre, les versions définitives des textes devront parvenir au comité de rédaction avant le 11 novembre (30.000 à 40.000 signes, espaces et notes compris). Certains de ces textes seront retenus pour publication dans le numéro 43 de Marges, dont la sortie est prévue à l’automne 2026.
La revue Marges (Presses Universitaires de Vincennes) fait prioritairement appel aux jeunes chercheurs et chercheuses des disciplines susceptibles d’être concernées par les domaines suivants : esthétique, arts plastiques, histoire de l’art, sociologie, anthropologie, études théâtrales ou cinématographiques, muséologie, musicologie…
Membres
Jérôme Glicenstein
Professeur au Départements d’Arts plastiques et de Photographie, Université Paris 8
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